Capabilité, acteurs et tourisme Une nouvelle lecture du territoire de la province de Guelmim
Information sur
l’ouvrage :
titre : Capabilité,
acteurs et tourisme
Une nouvelle
lecture du territoire de la province de Guelmim
auteur :
Malika AIT NASSER
Dépôt légal: 2022M01030
ISBN: 978-9920-9454-5-5
Synthèse de l’ouvrage
La réflexion sur la mobilisation des acteurs locaux dans les projets de
développement local véhicule des jugements de valeurs sur les individus dans
leurs objectifs et leurs stratégies envisagées vis-à-vis de leur territoire,
comme étape de préparation des plans d’action escomptés. Le développement local doit satisfaire les
besoins des acteurs du territoire et engendrer les procédures étatiques: une
interdépendance qui mobilise la diversification des activités du territoire par
le biais de l’interaction effective entre les projets et les ressources
résultant d’une certaine forme d’action collective, malgré les orientations divergentes des
acteurs. Dans cette disparité entre la théorie et la réalité, les
individus font recours à leur marge de liberté, dès que leurs arrangements
particuliers constituent une exception. Ils construisent, par la suite, des
réseaux de relations et des alliances légitimes dans leur territoire grâce à la
mobilisation de leur capabilité collective.
A partir de ce constat général, l’objectif scientifique du choix de ce
sujet réside dans le constat que les projets
de développement local ne sont plus une stratégie conçue uniquement à l’échelle
centrale, mais ils émanent d’une convergence d’intérêts et d’une concertation
entre les deux échelles locale et globale. Ce faisant, la mobilisation des
ressources touristiques locales, et d’abord leur recensement, passe par le
local en vue de réaliser une adaptation optimale des programmes et des
politiques du développement local aux opportunités touristiques qu’engendre la
région ciblée par les projets territoriaux. Dès que les acteurs locaux sont
mobilisés pour la valorisation de ces ressources, ils seront aptes à mener des
projets de développement ; et par conséquent, la population locale peut
pleinement tirer profil des potentialités qu’engendre le territoire
comme c’est le cas de notre terrain d’études à savoir la province de Guelmim.
Cet ouvrage est organisé en deux chapitres résumés comme suit:
Chapitre I : les capabilités des acteurs locaux : une dynamique des acteurs locaux
autour des projets touristiques
L’étude de l’évolution générale de l’acteur dans son rôle en
développement local, à travers le projet touristique, comme première étape, met
en lumière la notion du projet dans sa relation avec l’acteur et le territoire.
La difficulté de l’intégration de
l’acteur dans les projets de développement local provient évidemment des enjeux
économiques et politiques sous-jacents, mais aussi des divergences plus
profondes liées à la conception de l’acteur au sens large du terme. Nous
retiendrons notamment qu’il n’existe pas « un acteur de profil unique» en tant
que tel, universel, mais « des acteurs divergents instables ». Cette variété
des profils distinctifs soulève la question de son rapport à la particularité
du territoire de leur appartenance, dans son interaction étroite avec les
opportunités et les conjonctures limitées dans le temps et dans l’espace. Nous
avons montré qu’il existe bien des dimensions cognitives, immatérielles, et
donc extrinsèques, dont l’environnement dans son aspect matériel fait partie.
Chercher à
répondre aux attentes de l’analyse des relations entre acteur dans sa
capabilité et les projets touristiques dans leur mise en place et le
développement local comme résultat de l’interaction des deux premiers éléments,
suscite certaines questions. Quels profils pour quels intervenants dans le
tissu économique touristique ? Comment les acteurs s’organisent-ils autour des
projets touristiques ? Quel trait de capabilité trace le choix des projets
? Y a-t-il des particularités dans l’organisation des acteurs autour des
projets touristiques ? Quelle capabilité dans l’atteinte de leurs
objectifs ? Il s’agit donc ici de réfléchir aux pratiques comportementales des
acteurs associés aux projets touristiques, et de voir finalement, à l’instar
des exemples concrets cités, de quelle manière ces questions trouvent des
réponses.
Chapitre II : les projets, les ressources et les acteurs : une analyse de la
capabilité des acteurs à s’organiser autour des projets de développement local
en tourisme
Grâce à la synthèse des travaux sur les
caractéristiques des acteurs enquêtés, ce chapitre a éclairci les aspects de la
capabilité des acteurs à s’organiser autour des projets de développement local.
La capabilité de s’organiser prend forme dans plusieurs occasions dans nos
recherches. D’abord, les aspects de la capabilité des acteurs locaux à
s’organiser autour des projets ont décelé l’importance que les acteurs donnent
à la réduction des zones d’incertitude par le recours aux actions de
partenariat et à la pluridisciplinarité dans la gestion globale du projet
durant sa conception et sa réalisation. Ensuite, les grands projets de
développement local ont tant sollicité, en partenariat avec des acteurs
étrangers, la promotion de la place de la femme dans les processus de
développement humain. A cet égard, les coopératives féminines ont été au centre
des intérêts des acteurs locaux vis-à-vis des projets de développement local.
Enfin, l’acteur privé a sa part dans cette dynamique dans sa capabilité à
motiver les échanges des services et des produits locaux de son entourage.
Somme toute, le renforcement de la relation
tripartite acteur-ressources-projet a grandement dévoilé les grands aspects de
la capabilité des acteurs locaux dans la dynamique territoriale ainsi que les
profils qu’ils occupent une fois qu’ils passent à une action individuelle ou
collective. Néanmoins, l’analyse des profils des acteurs locaux trace les
lignes directives pour la conception actuelle et celle souhaitée de
« l’industrie touristique » dans la région. L’activité touristique
dans son introduction dans les projets de développement local impose une
certaine manière d’appréhender les choses localement et met ainsi en rude
épreuve l’acteur local dans sa manière de réagir individuellement ou collectivement
face aux exigences de son territoire.
Le
croisement de deux forces ascendante (acteurs locaux) et descendante (Etat)
favorise le développement local, en consolidant conjointement les attentes de
la population locale et les stratégies de l’Etat pour des territoires variés
dans leurs conditions socio-économiques et dans leur particularité
géographiques et socioculturels. Le cas de notre terrain d’études, la province
de Guelmim au sud saharien atlantique marocain, illustre grandement la
problématique de la particularité de ce territoire saharien et oasien par
rapport aux autres régions du Royaume. Toutefois, on n’est plus dans la
méthode ‘besoin-contrainte’, mais plutôt on cible la créativité chez l’acteur
qui revêt une importance due à sa construction d’un système d’action dynamique
nourri par les relations des réseaux qu’il compose dans son environnement.
L’analyse systémique et l’analyse stratégique par l’acteur se concrétisent dans
ses fondements par les relations et les alliances élaborées entre l’acteur et
son réseau. Le système est donc tributaire, dans sa réussite, de l’intégration
de l’acteur dans les logiques de son évolution en parallèle avec les besoins de
son territoire dans ses mutations et ses exigences divergentes.
Introduire la capacité de l’acteur, pour tracer les
schémas du développement local, met en exergue le degré de sa capacité et/ou de
son insuffisance, voire son absence dans l’atteinte de cet objectif. De ce
fait, l’approche par capabilité dévoile, d’une manière ou d’une autre, les
manifestations de son intégration dans son système à partir de ses réseaux et
de ses relations nouées avec les autres acteurs de son environnement, ses
ressources, ses intentionnalités, etc. La marge de manœuvre trouve sa force
dans les actions de coopérations entre les acteurs dans la gestion de leurs
relations avec le territoire, même si le formel dans ses règles fait défaut
face à la marge d’autonomie de certains acteurs.
Sur le terrain d’études, l’organisation des acteurs
autour des projets de développement lié à la création des projets touristiques
solidaires dans le rural et le soutien des grands projets touristiques dans la
zone urbaine ont justifié la qualité de la capacité des acteurs locaux à
s’organiser dans des projets de partenariat. Or, le retour du rural devient
problématique ; il se traduit dans la mobilisation de la pratique
d’activités économiques vivrières vers une petite économie qui bénéficie de
l’intérêt accordé au rural à partir des programmes politiques, des
investissements en économie solidaire et de l’appui des bailleurs de fonds
nationaux et étrangers. La création des coopératives introduites dans les
circuits touristiques, la mise en place du Cluster des produits de terroir,
l’assistance portée à la femme de la région pour la création de son propre
investissement et le soutien en équipement, en formation et en financement du projet touristique des jeunes
investisseurs locaux sont des modalités de capabilité des acteurs locaux à
donner forme au développement de leur territoire en fonction de leurs
possibilités accordées dans un temps et dans un espace donnés.
A partir des informations collectées durant les enquêtes, nous avons
remarqué l’ampleur du besoin de renforcement du territoire d’études pour
pouvoir passer à l’étape de l’évaluation des projets réalisés ou des acquis
généraux en économie solidaire et touristique. D’après les avancées des acteurs
enquêtés, la période par laquelle passe la province avec tous les défis et les
obstacles de démarrage fait en sorte qu’elle soit un encouragement de
l’activité et non une évaluation prématurée. Néanmoins, la capabilité des
acteurs locaux est liée, d’abord, au profil de l’acteur local central qui est
dans notre cas les présidents des communes dans leur recherche de partenariats avec
les autres acteurs locaux (agence du sud et ses partenaires, Délégations,…) et
régionaux du moment où il constitue l’acteur-pilote de la mobilisation des
autres acteurs locaux disponibles pour toute action collective selon leur
cahier de charges et les conventions de partenariat qu’ils offrent aux
communes.
L’analyse des profils des acteurs locaux trace les
lignes directives pour la conception actuelle et celle souhaitée de
« l’industrie touristique » dans la région. L’activité touristique
dans son introduction dans les projets de développement local impose une
certaine manière d’appréhender les choses localement. Ceci dit, l’Etat dans ses
différentes visions (le global) est stratège et facilitateur de projet
touristique (service d’Etat, plateforme en équipement, accompagnateur). Ce
faisant, le projet de développement ne peut se faire qu’à partir de l’adhésion
des acteurs locaux (le local) qui constituent la cheville ouvrière de la
conception des politiques de développement local en tant que forme de gouvernance
locale. La mise en œuvre d’une certaine forme de gouvernance n’est guère une
recette réalisée au préalable ou importée d’un autre contexte. Elle est plutôt
spécifique à chaque territoire et orchestre les motivations de ses compétences
territorialisées, en perpétuelle mutation.
La province de Guelmim
est donc un chantier d’études et d’analyses des rapports entre acteur local/ressource touristique/projet
touristique qui peut être initié
aussi pour les autres provinces du Sud du Royaume, surtout avec les avantage
encourageants des acteurs locaux dans plusieurs projets de développement
socioéconomique des provinces du Sud. Les instructions royales et la volonté de
l’Etat d’investir grandement dans ces provinces, en fonction de la politique
menée dans la réalisation des conditions favorables pour la régionalisation
avancée et l’intégration de ces provinces dans le développement régional et
national, renforcent la réalisation des projets futurs de l’Etat marocain dans
la promotion de ce territoire national. Le discours royal du 6 novembre 2015
est plein d’enseignements et de projets de développement socioéconomique où
l’acteur local est vivement invité à y participer. Finalement, Les ambitions à l’échelle nationale n’excluent, en aucun
aspect, le local de ses politiques, surtout pour la question du développement
des provinces du sud qui nécessite plus qu’avant l’introduction de l’acteur
local dans son aspect informel et formel (compétences comme référentiel
culturel, politique, historique, religieux, relationnel,…).
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